Mardi 23 Septembre 2008

Nous débarquons tous à 7 heures. L'aluger nous attend ; il s'agit d'un pick up rouge tout ouvert et sans dossier. Les plus petits sont ravis, les plus grands pensent déjà à leur dos courbaturé...Nous rallions d'abord Sao Filipe et commençons à escalader la montagne. Nous croisons les enfants qui descendent à l'école, les adultes partent avec leurs binettes. La végétation est luxuriante, et les terres entretenues, cultivées de maïs, de courgettes, de vignes, d'arbres à papayes. Des anciens cratères sont cultivés en terrasses concentriques. La terre commence à changer de couleur, elle devient noire. En fait, ce sont les dernières coulées de lave. La dernière irruption a eu lieu en 1995 et a fait des dégâts mais pas de pertes humaines. Il y a encore un peu de culture puis au détour d'un virage, le volcan apparaît, le paysage devient gris, lunaire, sans aucune végétation. Nous stoppons devant la pancarte parc naturel et sommes rejoints par deux enfants qui vendent des souvenirs : des petites maisons creusées dans des pierres de lave ; Nous ferons même du commerce avec eux... Quelques mots échangés avec le chauffeur de l'aluger et les voilà montés avec nous. On dirait que des camions benne ont versé des bennes et des bennes de cailloux. La route est droite par endroit creusée dans le caillou de lave et le chauffeur stoppe. C'est là que commence notre lente ascension du pic. Les deux enfants caracolent dans les cailloux alors que les deux plus petites peinent. Lorsqu'une pierre tombe sur le sol, un bruit sourd retentit comme s'il y avait une cavité dessous...Nous arrivons à un premier plateau recouvert de pierres jaunes, couvertes de soufre et atteignons le sommet  formé par un grand cratère , jaune, noir et rouge. Le spectacle est étonnant. Nous apercevons trois silhouettes descendre le grand cratère, se frayant un chemin dans la «pouzoulane » (poussière de lave). La descente sera plus épique, nous contournons le cratère et craignons les éboulis de pierre. Nous avertissons notre prédécesseur chaque fois qu'une pierre ne manque de le rattraper et tenons fermement par la main Mathilde et Clara.

Cratère cultivé en terrasse Pic de Fogo Ascension du volcan

Nous sommes conduits au village très différent de ce que nous avons pu voir jusqu'ici ; Les maisons sont plus grandes, de la même couleur que le volcan avec des toits plats. Des fleurs sont cultivées pour agrémenter cette grisaille. Un âne chargé de bois passe. Nous passons devant le « jardin infantile », et c'est un enfant dans la rue qui ouvre le portail. Les petits sortent en courant dans la rue, dans la joie et la bonne humeur. Nous nous arrêtons chez un descendant de Armand de Montrond un français qui a semé ses graines sur l'île de Fogo, ce qui explique qu'il y a des enfants blonds et des yeux clairs. Nous achetons du vin et du café de Fogo ; la vigne est plantée au pied du volcan !!! Un pique nique dans le village pour rassasier tout le monde puis nous redescendons de la montagne. Nous arrivons fourbus après une petite escale à Sao Filipe.