Jeudi 16 octobre 2008
Jean-Luc va passer une radio dans une Clinique en ville. A priori pas de fracture !! Il arrive vers 10 heures ce qui me laisse la possibilité de partir avec Nadine et Loul à Gorée.
Nous embarquons à bord d'un taxi. La négociation a été rude et le chauffeur mal aimable. Il maugrée tout le long du trajet et finit par nous déposer. Il nous a bien eu, il ne nous a pas déposé en bon embarcadère. Il nous faudra faire pratiquement 2km à pied pour trouver le bon. Résultat, le ferry est parti et nous devrons attendre 1h30 avant de pouvoir embarquer. A notre tour de maugréer contre le chauffeur de taxi...
Nous embarquons enfin dans le bateau (5000 CFA pour les non résidents), que de couleurs, que de vie, que de touristes .. C'est probablement l'un des plus grands sites touristiques de Dakar. Nous quittons le port qui ne sent pas bon, l'eau n'est pas plus claire qu'au CVD, elle est en plus chargée d'hydrocarbures... La flotte de pêcheurs est à quai depuis le début du mois d'octobre pour cause de dépassement de quota ! Ils ne pourront sortir qu'au mois de novembre. La traversée dure une petite demi-heure, tout juste de quoi prendre l'atmosphère. Nous débarquons sur une île où le touriste est attendu !!! Nous sommes taxés de 500 CFA dès notre arrivée, c'est la taxe de séjour ! A peine, avons-nous fait quelques pas que nous sommes sollicités par des dames qui veulent nous vendre des colliers. Quelques mètres plus loin, ce sont des tableaux. Ils se vexent presque si on ne leur achète rien.
Le paysage est superbe. Des petites allées de galets et de terre sillonnent l'île. Ca et là, des bougainvillées roses, oranges, violets, des fleurs aux noms inconnus. Nous évitons le marché : concentration de vendeuses de souvenirs (essentiellement colliers et bracelets), sinon on va tous les fâcher. Gorée recèle des trésors d'architecture coloniale : grandes bâtisses à deux étages avec de lourdes portes d'entrée. Loul nous invite à boire le thé : nous nous installons sur un coin de table chez Bobo « qui fait le meilleur thé du Sénégal » . C'est tout un protocole, il faut faire bouillir 2 heures, puis le refroidir puis recommencer. Au final, c'est agréable à boire bien que très sucré !
Nous continuons notre promenade et atteignons l'allée des baobabs. C'est ma première découverte des baobabs ; arbres majestueux aux troncs massifs et aux branchages torturés. Les fruits sont les pains de singe : « grosse graine » verte d'une vingtaine de centimètres qui renferme une espèce de pâte blanche fibreuse et qui englobe les graines de baobab. Nous redescendons vers le centre du village après être passés devant le mémorial du souvenir, l'église, l'école pour nous retrouver devant les restos. Nous sommes de nouveau chaperonnés et chacun y va de son argumentaire pour que nous nous asseyons à sa table plutôt qu'à celle de son voisin. Nous nous régalons avec une brochette de lotte !
Nous nous acquittons de notre droit d'entrée pour visiter La Maison des Esclaves. Les salles du rez-de-chaussée sont les cachots, isolant les hommes, des femmes et des enfants. Les cachots sont de très petites tailles, les plafonds bas. Une salle pour la pesée, une salle des pour la punition : réduit dans lequel on ne peut tenir debout. Une porte à l'arrière de la maison est la porte du non retour ... A l'étage, c'est la maison des colons : grandes portes-fenêtres, salle parquetée. Quelques panneaux retracent l'histoire de l'esclavagisme. Nous, les blancs, les ‘toubabs' ressortons dans la rue au milieu des noirs....
Nous continuons notre promenade sur une autre partie de l'île en face de l'embarcadère. Nous visitons une galerie d'art : les tableaux sont curieux, le plafond de la galerie est effondré, les murs décrépis... Nous croisons une petite fille que Loul prend en photo puis lui montre ; elle trépigne de joie sur place, elle ne s'est sans doute jamais vue sur un écran. Nous regagnons tranquillement le port. Une pirogue est en train de couler. Une vingtaine de mômes se lancent dans l'eau, pour la redresser. Pas du tout, c'est un jeu, ils sautent dessus, elle coule de plus en plus...
Finalement, nous regagnons le ferry qui vient d'arriver, satisfaits de notre visite et d'avoir pu visiter un endroit sans odeur !
Nos papiers sont déposés à la douane par Anne Gérard de Vagabulle puisque le CVD n'a toujours pas déposé le dossier et que le délai de 15 jours court déjà.
Jean-Luc est allé avec les enfants voir un facteur de Djembé, ce sera son cadeau d'anniversaire ! Gazelle et coca clôturent notre journée au CVD.