Corse - Ile d'Elèvine à Sagone

Départ lundi 22 avril - Ile d'Elèvine 

On largue les amarres en fin de matinée le lundi, en route vers la Corse et cela commence à ressembler à des vacances. Il ne manque que le vent, qui nous déhale très tranquillement vers Marseille. Nous décidons de faire une pause dans une toute petite crique le long de la côte avant Marseille. Le paysage augure de belles choses. Un viaduc traverse la vallée pour faire place au TER. Nous mouillons entre la côte et un petit îlet. L'eau est claire, la température de l'air agréable, celle de l'eau plutôt fraîche. C'est une nuit au calme pour tout le monde, le temps de s'amariner.

A la fin du petit déjeuner, Jean-Luc annonce avec le sourire qu'il faut remettre la girouette en place et je n'ai plus qu'à monter au mat... Et me voilà harnachée pour cette ascension, encouragée par les enfants qui s'amusent de la situation. Quelques coups de vis, des allers et retours du seau afin de monter le matériel et la girouette a trouvé sa place, fixée correctement et je suis prête pour la descente, plutôt crispée. Car monter est une chose mais bricoler en l'air ne m'est pas coutumier et la peur de faire tomber les précieuses vis ajoute du piquant à la situation, sans compter que le capitaine compte sur moi. Les courbatures ne tardent pas à apparaître. Nous voilà parés pour la traversée vers la Corse, île dont Anne-Marie et Benoît nous ont beaucoup parlé et qui nous fait envie.

Mardi 23 avril au Mercredi 24 avril – Ile d’Elévine à Cap Rossu

Nous quittons la côte Méditerranéenne à la tombée de la nuit, laissant peu à peu les phares s'éloigner. Je commencerai le premier quart, relayé par Jean Luc à 1 heure pour recommencer à 7 heures. Le vent est régulier, nous gardons le spi, nous avançons à 8 nds et ce n'est pas sans émotion, une grande responsabilité sur les épaules qu'Abracatabra nous emmène vers la Corse et moi seul sur le pont.  Je règle les voiles comme il me semble le mieux, la capitaine jugera plus tard de mes réglages. Scan-nav nous indique la route. Nous n'avons jamais navigué dans de telles conditions ! Ordinateur à bord, GPS, instruments Tacktick, radar et pilote me donnent tous les éléments nécessaires pour être en confiance même si la présence des cargos et des navettes inspire la méfiance. La musique m'accompagne et je chante dans la nuit le casque sur les oreilles. Jean-Luc prend le relais et je vais me coucher dans notre cabine, sous la couette confortable.

Une journée de navigation tranquille, la mer est plate, avec de moins en moins de vent. Et c'est le relief de la Corse qui se dessine petit à petit à l'horizon. Les dauphins nous accueillent à quelques milles des côtes. Nous arriverons en fin d'après midi sous le cap Rossu juste en dessous du golfe de Porto dans un paysage magnifique. Les roches de couleur rouge découpent la crique et nous nous y mouillions, découvrant ce qu'est la  garrigue. Les étoiles pétillent dans les yeux de tout le monde. Nous sommes arrivés et nous fêterons cela avec un dîner sympa.

Mercredi 24 avril au Jeudi 25 avril - Cap Rossu à  Sagone 

Au réveil, nous entendons des voix dans cette crique qui nous semblait loin de toute civilisation. Ce sont des randonneurs dont la file s'égraine lentement dans le paysage. Tout l'équipage s'apprête pour une virée à terre. L'annexe gonflée, les combinaisons enfilées, les palmes et masques et seaux, et pelles et autres équipements dans l'annexe et nous posons nos pieds sur la Corse. Bientôt rejoint par un autre équipage d'un monocoque mais la plage est suffisamment grande pour être partagée. L'eau à 15°C ne m'encourage pas à aller nager, pourtant conforme à mes habitudes, c'est avec mes palmes que j'irai à terre.  C'est sûr, les combinaisons vont servir. L'eau est belle et accueillante, les fonds sont clairs mais c'est frisquet.

Le lendemain, en route vers le sud, nous croisons un banc de dauphins en chasse peut être une trentaine et nous faisons une boucle pour profiter un peu plus longtemps du spectacle. Deuxième nuit dans la crique de Sagone.

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